Enoncé :
Pour tous entiers positifs ou nuls
et
tels que
, on note
. Soit
un polynôme non nul à coefficients réels. Alors
s’écrit comme une combinaison linéaire à
coefficients positifs des
si et seulement si
est strictement positif sur l’intervalle ouvert
.
Démonstration :
Le sens direct est évident... Il est là juste pour bien montrer que l’on aura du mal à affaiblir les hypothèses :-).
Pour la réciproque, traitons tout d’abord le cas où
où
et
.
Tout d’abord quelques notations : on définit
et
par
et on pose
et
.
s’écrit alors
.
Fixons pour l’instant un entier
. On remarque que
est une base de
(l’espace vectoriel des polynômes à coefficients réels de degré plus petit que
) et que la matrice de
passage de cette base à la base
est
avec la convention
si
ou
.
Cette matrice est aussi la matrice de l’application linéaire
écrite dans la base
. L’inverse est donc donné par
. Les coefficients qui apparaissent dans
la décomposition de
dans la base des
sont donc :

entier allant de
à
(on vérifie les cas
et
à part qui redonnent
et
).
Pour que tous ces coefficients soient positifs ou nuls, il suffit donc que pout tout entier
entre
et
:


En multipliant par
et en posant
, on obtient la condition suffisante suivante :

D’autre part, on a bien sûr
, et donc en développant, en bidouillant et en
divisant par
, on obtient :

En particulier, si
, tous les coefficients de la décomposition seront positifs et le
théorème est démontré. Comme
est une suite décroissante de limite
, pour avoir le cas
particulier énoncé, il suffit de prouver que l’on a toujours
. Mais cela est vrai, car l’on
a :

Pour le cas général, on remarque tout d’abord que, quitte à diviser par le coefficient dominant, on
peut supposer que le polynôme
est unitaire.
On procède par récurrence sur le dégré du polynôme. S’il est de degré
, ce n’est pas très difficile.
Prenons maintenant un polynôme
unitaire de degré
strictement positif sur
. Notons
le
minimum de
sur
. Le polynôme
est strictement positif sur
et s’annule sur
.
On écrit alors :

,
et
sont des entiers éventuellement nuls (mais pas tous les trois simultanément), les
sont
des entiers strictement positifs (les racines de
dans
sont de multiplicité paire car
ne change pas de signe dans leur voisinage) et
est un polynôme strictement positif sur
.
Si
, alors on applique l’hypothèse de récurrence à
et on conclut en remarquant que les
sont stables par produit.
Supposons donc que
. On a alors forcément
. On prend
et on écrit :
![p q prod k[ 2ai ]
P (X) = R (e,X) + X (1- X) (X - ci) +e Q (X)
i=1](polynome84x.png)
On voit facilement que le coefficient constant de
vu comme polynôme en
est
donc
en particulier pour un certain
il va être strictement positif sur
.
On considère alors ce
. En regardant les coefficients en degré
, on voit que
est de degré
strictement inférieur à
. On peut donc appliquer l’hypothèse de récurrence à
et
et le cas
précédent aux polynômes
, ce qui permet de conclure.